JEAN MARAIS (1913-1998)

marais1Un des derniers monstres sacrés du cinéma français, Jean Marais, star du Cape et d’épée, égérie de Cocteau, artiste aux multiples talents, avait réussi à traverser les époques en passant du cinéma au théâtre, de St Germain des Prés à l’arrière pays cannois.
Son caractère d’acteur, il le doit à sa mère, un peu mythomane. C’est aussi d’elle qu’il tient sa morale – il n’en a pas. Elle le trouvait laid, lui ne se trouvait pas si moche. Bref il ne se considéra jamais comme beau.
Il multiplie les jobs au début de sa jeunesse: aide photographe, copiste de cartes postales, peintre, puis figurant au cinéma… un touche à tout. Sa première apparition date de 1933, dans « L’épervier & l’aventurier ». Sur les planches, il débutera potiche sans texte dans Oedipe Roi, mis en scène par… Cocteau. Par un heureux hasard, cet Apollon au corps d’athlète, croise donc Jean Cocteau. »Cette rencontre a été pour moi une véritable seconde naissance » affirme le comédien. Cocteau, lui, disait: « Le type de l’acteur-poète qui ne profite pas des oeuvres en virtuose, mais ne cherche qu’à les servir. »
Comédien fait de prestance, au charisme indéniable, pas forcément consistant sur scène, il était surtout un dandy élégant et beau, modèle de séduction, mannequin involontaire pour les grands couturiers. Cet homo notoire fera pamer ces dames… Il sera un pré-James Bond en collant et avec épées. Il avait La fougue de Belmondo dans les cascades, la beauté de Delon (mais celle de Marais n’a jamais fané), l’ambiguïté de Huster, la répartie d’un Serrault, le comique distancié d’un Bourvil… Il finira Président des Césars en 1980.
Il voulait s’amuser, se faire plaisir avant tout, ne pas être sérieux. De toute façon il le dit lui-même: « Je me fous de la postérité ».
Le public se souvient davantage de ses rôles qui exigeait la peau douce sur les joues pour attendrir les belles et le bras d’acier pour escrimer les bêtes. C’est donc vers 40 ans, c’est à dire plus tout à fait jeune, que Marais devint star du cape et d’épée: Le comte de Monte-Christo, Capitaine Fracasse, Le Bossu, Le Capitan, Le Masque de fer…tous les classiques de Dumas et des autres y passent avec un seul visage, un seul corps plus james bondien que jamais, Jean Marais. Succès énormes au Box Office (et à l’audimat télévisuel des décennies plus tard), Marais fera alors le summum symbolique de sa carrière. En 1964, il tourne un film d’action très proche de l’univers de Cocteau, Fantomas.
Ces films ont tellement marqué que beaucoup sont sujets à remakes.

FILMOGRAPHIE

L’EPERVIER, de Marcel L’Herbier (1933)
DROLE DE DRAME, de Marcel Carné (1937)
ABUS DE CONFIANCE, d’Henri Decoin (1937)
LE PAVILLON BRULE, de Jacques de Baroncelli (1941)
CARMEN, de Christian-Jaque (1942)
LE LIT A COLONNES, de Roland Tual (1942)
VOYAGE SANS ESPOIR, de Christian-Jaque (1943)
L’ETERNEL RETOUR, de Jean Cocteau, Jean Delannoy (1943)
LES CHOUANS, d’Henri Calef (1946)
LA BELLE ET LA BETE, de Jean Cocteau (1946)
RUY BLAS, de Pierre Billon (1947)
L’AIGLE A DEUX TETES, de Jean Cocteau (1947)
LES PARENTS TERRIBLES, de Jean Cocteau (1948)
AUX YEUX DU SOUVENIR, de Jean Delannoy (1948)
LE SECRET DE MAYERLING, de Jean Delannoy (1948)
ORPHEE, de Jean Cocteau (1950)
LES MIRACLES N’ONT LIEU QU’UNE FOIS, d’Yves Allégret (1950)
LE CHATEAU DE VERRE, de René Clément (1950)
NEZ DE CUIR, d’Yves Allégret (1951)
LA MAISON DU SILENCE, de G.W. Pabst (1952)
L’APPEL DU DESTIN, de Georges Lacombe (1952)
NAPOLEON, de Sacha Guitry (1953)
JULIETTA, de Marc Allégret (1953)
DORTOIR DES GRANDES, d’Henri Decoin (1953)
LE COMTE DE MONTE-CRISTO, de Robert Vernay (1953)
SI VERSAILLES M’ETAIT CONTE, de Sacha Guitry (1953)
SI PARIS NOUS ETAIT CONTE, de Sacha Guitry (1955)
GOUBBIAH, de Robert Darène (1955)
FUTURES VEDETTES, de Marc Allégret (1955)
ELENA ET LES HOMMES, de Jean Renoir (1956)
SOS NOROHNA, de Georges Rouquier (1956)
TYPHON SUR NAGASAKI, d’Yves Campi (1957)
LA TOUR, PRENDS GARDE !, de Georges Lampin (1957)
LES NUITS BLANCHES, de Luchino Visconti (1957)
CHAQUE JOUR A SON SECRET, de Claude Boissol (1957)
LA VIE A DEUX, de Clément Duhour (1958)
LE BOSSU, de André Hunebelle (1959)
LE TESTAMENT D’ORPHEE, de Jean Cocteau (1960)
LA PRINCESSE DE CLEVES, de Jean Delannoy (1960)
LE CAPITAINE FRACASSE, de Pierre Gaspard-Huit (1960)
LE CAPITAN, de André Hunebelle (1960)
AUSTERLITZ, de Abel Gance (1960)
PONCE PILATE, de Irving Rapper (1961)
NAPOLEON II, L’AIGLON, de Claude Boissol (1961)
L’ENLEVEMENT DES SABINES, de Richard Pottier (1961)
LE MIRACLE DES LOUPS, de André Hunebelle (1962)
LE MASQUE DE FER, de Henri Decoin (1962)
LES MYSTERES DE PARIS, de André Hunebelle (1962)
LE GENTLEMAN DE COCODY, de Christian-Jaque (1964)
FANTOMAS, de André Hunebelle (1964)
PATATE, de Robert Thomas (1964)
TRAIN D’ENFER, de Gilles Grangier (1965)
FANTOMAS SE DECHAINE, de André Hunebelle (1965)
LE PARIA, de Claude Carliez (1968)
FANTOMAS CONTRE SCOTLAND YARD, de André Hunebelle (1968)
PEAU D’ANE, de Jacques Demy (1970)
PARKING, de Jacques Demy (1985)
LES ENFANTS DU NAUFRAGEUR, de Jérôme Foulon (1991)

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