Marin Sorescu : Echecs

novembre 4, 2008

Moi je déplace un jour blanc
Lui, il déplace un jour noir
Moi j’avance d’un rêve,
Lui, il me le prend à la guerre,
Lui, il attaque mes poumons,
Moi, je pense une année dans l’hôpital,
Je fais une combinaison brillante
Et je lui gagne un jour noir.
Il déplace un malheur
Et me menace du cancer
(qui va pour le moment en forme de croix),
Mais je mets devant lui un livre
Et l’oblige à se retirer.
Je lui gagne quelques pièces de plus,
Mais, voila, une moitie de ma vie
Est mise en marge.
- Je te fais échecs et tu perdras l’optimisme,
Qu’il me dit.
Derrière moi, ma femme, mes enfants,
Le soleil, la lune et les autres comparses
Tremblent pour chaque pièce que j’avance.
Moi, j’allume une cigarette
Et continue la partie.

marin-sorescu-poezii-editie-definitiva1


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